
Les usages numériques diminuent le volume de mots que nous utilisons chaque jour. (MATT CARDY / GETTY IMAGES EUROPE)
Il semblerait que l’intensification de nos usages numériques ait une incidence sur le volume de mots que nous prononçons chaque jour…
Deux chercheurs,Matthias Mehl et Valeria Pfeiffer,des universités d’Arizona et du Missouri-Kansas City ont souhaité renouveler une étude consacrée en 2007 à la différence de loquacité – c’est-à-dire le volume de parole exprimé quotidiennement – entre les hommes et les femmes. Pour ce faire,ils ont compilé les enregistrements audio de quelque deux mille deux cents participants réalisés entre 2005 et 2019,lors de vingt-deux études universitaires distinctes avec un classement par tranches d’âge.
La méthodologie est simple : compter le nombre de mots prononcés tout au long de la journée. Ils publient leurs résultats en 2026. Et leur conclusion est édifiante : au fil de ces dernières années,nos conversations perdraient en moyenne 338 mots par jour,chaque année.
Sans parler des commandes numériques via des applications qui remplacent l’échange avec un serveur dans un bar. La perte de mots constatée est d’ailleurs supérieure,environ 452 mots par jour,chez les moins de 25 ans.
Pour cette jeune génération,on parle même de "phénomène Komi",en référence à une célèbre série de mangas japonais intitulée "Komi cherche ses mots" éditée au Japon entre 2016 et 2025,et dont l’héroïne est une élève qui a précisément du mal à avoir des relations sociales.
Rendant plus compliquées les indispensables interactions qui doivent survenir dans un contexte professionnel. Un constat fait par nombre d’employeurs qui sont surpris de la "timidité" de nombre de leurs jeunes recrues,par ailleurs très loquaces au bureau avec des personnes connues,quand il s’agit d’aborder des tiers,comme des clients ou des prospects. Préférant largement l’envoi de courriels. Ou les messages vocaux asynchrones.
Cette perte de ce que les Anglo-Saxons,appellent le "small talk",la petite discussion,contribuant ainsi à une érosion des contacts sociaux. Petites causes,grands effets. Une fois de plus avec le numérique.
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